28 Jan

La Banque du Canada laisse le taux à un jour à 2,25 %

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Publié par: Robert Perrier

La Banque du Canada laisse le taux à un jour à 2,25 %
La Banque du Canada laisse le taux directeur inchangé
Aujourd’hui, la Banque du Canada a de nouveau maintenu le taux directeur à 2,25 %. C’est le minimum de la plage que la Banque considère comme un taux neutre, où la politique monétaire n’induit ni expansion ni contraction de l’économie. Alors que l’inflation reste à peine supérieure à 2 %, avec une inflation fondamentale ramenée à 2,5 %, le Conseil de direction considère que le taux directeur actuel est approprié, « à condition que l’économie évolue de manière généralement conforme aux perspectives publiées aujourd’hui. L’inflation a été de 2,1 % en 2025 et la Banque s’attend à ce qu’elle reste près de la cible de 2 % durant la période de projection, les pressions sur les coûts liées au commerce étant compensées par l’offre excédentaire. »

Selon le communiqué de la Banque, « La croissance économique devrait être modeste à court terme, alors que la croissance démographique ralentit et que le Canada s’ajuste au protectionnisme américain. Dans la projection, les dépenses de consommation se maintiennent et les investissements des entreprises augmentent progressivement, la politique budgétaire offrant un certain soutien. La Banque prévoit une croissance de 1,1 % en 2026 et de 1,5 % en 2027, ce qui est généralement conforme à la projection d’octobre. Une grande source d’incertitude est la révision à venir de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique [ACEUM]. »

Aux États-Unis, la croissance économique est soutenue par une consommation vigoureuse et un essor des investissements dans l’IA. La Réserve fédérale n’a pas bougé aujourd’hui, mais on s’attend à ce qu’elle réduise les taux d’intérêt trois fois au deuxième semestre de l’année. Elle réduira probablement son taux directeur de 25 pb, alors que le président Trump presse son président Jay Powell de décréter des baisses plus fortes.

Des données publiées aujourd’hui indiquent que la confiance des consommateurs américains a plongé en janvier à son plus bas niveau depuis 12 ans. Le pessimisme gagne les Américains, qui s’inquiètent pour l’économie, l’inflation et le marché du travail.

L’indice du Conference Board était à 84,5 ce mardi, contre les 94,2 (chiffre révisé à la hausse) du mois dernier. Il n’avait plus été si bas depuis mai 2014, et il est inférieur à tout ce qu’estimaient les économistes sondés par Bloomberg.

La Banque du Canada laisse le taux à un jour à 2,25 %
La Fed laisse les taux à 3,50 %-3,75 %

Le rendement sur cinq ans augmente légèrement
Obligations du gouvernement du Canada – 5 ans
Les taux hypothécaires fixes restent stables pour le moment

En somme 

La Banque du Canada a démontré sa disposition à soutenir l’économie canadienne dans un contexte d’incertitude inédite pour le commerce international. En même temps, le Canada travaille fort pour trouver d’autres partenaires commerciaux. Même l’énorme marché chinois ne peut pas remplacer les États-Unis en termes de proximité et de rentabilité, compte tenu des coûts de transport élevés. La Chine a porté ses achats de pétrole canadien à des niveaux records, mais il n’y a aucun marché de la taille de celui des États-Unis pour remplacer les exportations d’acier et d’aluminium.

« L’emploi s’est affaibli durant la première moitié de 2025, les secteurs durement touchés par les droits de douane [américains] ayant réduit leur production et supprimé des emplois, a observé le gouverneur de la Banque du Canada Tiff Macklem. Au cours des derniers mois, le nombre global d’emplois a augmenté, sous l’effet des embauches dans le secteur des services, comme la santé, et le ralentissement de la croissance démographique réduit le nombre de nouvelles personnes qui entrent sur le marché du travail. »

Les tarifs douaniers américains ont considérablement nui aux exportations canadiennes. Les efforts consacrés à la diversification du commerce sont les bienvenus, mais il faut prévoir que la croissance des exportations sera modeste dans les deux années à venir.

« Cette restructuration – qui comprend une plus grande diversification des échanges et une meilleure intégration des marchés internes – favorisera une certaine relance de notre capacité de production, estime M. Macklem. Mais de tels changements prennent du temps. »

Comme l’indique le Rapport sur la politique monétaire (RPM), le plus grand risque pour les perspectives économiques est la révision prévue de l’ACEUM. La Banque souligne le fait que le Canada est actuellement soumis à un taux effectif de tarifs douaniers américains de 5,8 %, grâce aux exemptions prévues par le pacte commercial nord-américain. Elle prévient que si les négociations aboutissent à un résultat défavorable, les exportations canadiennes pourraient devenir moins concurrentielles.

« Devant une baisse de la demande, les exportateurs réduiraient leur production, leurs investissements et leurs embauches, lit-on dans le rapport. Ces effets se répercuteraient sur l’ensemble de l’économie, pesant sur des secteurs comme les services et plaçant le produit intérieur brut canadien sur une trajectoire plus basse.

« Les dépenses publiques en infrastructures devraient augmenter, en raison surtout des engagements pris dans les budgets provinciaux. De nouveaux transferts fédéraux de capitaux stimuleront aussi les investissements dans ce domaine. »

Dans ce contexte, les taux d’intérêt du marché ont augmenté fortement. Le rendement des obligations sur 5 ans semble de nouveau destiné à franchir le seuil de 3 %. Le rendement des obligations de 2 ans, à 2,67 %, dépasse nettement le taux à un jour, et le dollar canadien est en hausse. Les prêteurs ont récemment haussé les taux hypothécaires fixes, qui seront privilégiés par les emprunteurs s’ils s’attendent à ce que les taux augmentent.

La clé, pour les perspectives, est le maintien de l’ACEUM. Nous vivrons sans doute encore des mois d’incertitude avant de savoir quel sera le sort de l’accord commercial. Entre-temps, le premier ministre Carney continuera d’encourager des accords commerciaux avec des pays au-delà des États-Unis.

15 Jan

Les ventes de maisons existantes ont de nouveau baissé en décembre au Canada

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Publié par: Robert Perrier

Le marché canadien de l’habitation est en mode attente

 

 

Ventes résidentielles en baisse / Prix en baisse

 

L’activité immobilière a faibli en décembre, marquant la fin d’une année décevante

Selon les données de décembre publiées aujourd’hui par l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), le marché a terminé 2025 avec des ventes et des prix en baisse, par suite d’une incertitude économique persistante.

En décembre, les ventes résidentielles enregistrées sur les systèmes MLS® canadiens ont diminué de 2,7 % d’un mois à l’autre. D’une année à l’autre, les transactions se sont élevées à 470 314 unités en 2025, soit une baisse de 1,9 % comparativement à 2024, malgré une série de réductions de taux d’intérêt de la Banque du Canada.

« La baisse des ventes résidentielles d’un mois à l’autre en décembre ne semble pas être liée à une raison particulière, a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI. Elle est simplement le résultat d’un ralentissement simultané, mais apparemment fortuit, à Vancouver, Calgary, Edmonton et Montréal. Pour cette raison, il serait prudent que les observateurs du marché résistent à la tentation d’établir un lien direct entre les résultats de la fin de 2025 et ceux du début de 2026. On s’attend plutôt à ce que les ventes reprennent de plus belle à l’approche du printemps, et qu’elles suivent à nouveau la tendance à la hausse observée au printemps, à l’été et au début de l’automne de l’année dernière. »

 

 

Les ventes résidentielles chutent en décembre par rapport à l’année passée
Activité de ventes résidentielles
Canada

 

Nouvelles inscriptions

La nouvelle offre a baissé de 2 % d’un mois à l’autre en décembre, une quatrième baisse mensuelle consécutive. En raison de cette baisse et d’une diminution légèrement plus importante des ventes, le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions a légèrement diminué à 52,3 % en décembre, comparativement à 52,7 % en novembre. Ce pourcentage demeure près de la moyenne nationale à long terme de ce ratio, soit 54,9 %. On parle normalement d’un marché de l’habitation équilibré lorsque le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions se situe entre 45 et 65 %.

À la fin de décembre 2025, 133 495 propriétés étaient inscrites à la vente dans l’ensemble des systèmes MLS® au Canada, ce qui représente une hausse de 7,4 % par rapport à la même période l’année dernière, mais une baisse de 9,9 % par rapport à la moyenne à long terme pour cette période de l’année. L’offre est en baisse depuis mai 2025 en raison de la reprise de la demande en milieu d’année, ce qui signifie que les inscriptions actives pourraient à nouveau afficher une baisse d’une année à l’autre au moment où l’activité reprendra sur le marché ce printemps.

« Même si nous restons encore un peu dans la période calme de l’année, le marché printanier approche à grands pas, a déclaré Valérie Paquin, présidente de l’ACI. On s’attend à ce que la demande refoulée depuis quatre ans, ainsi que les taux d’intérêt qui sont actuellement aussi bas qu’ils peuvent l’être, soient favorables au marché. À moins que d’autres événements majeurs susceptibles de créer de l’incertitude se produisent, nous devrions connaître un marché plus actif cette année. »

On comptait 4,5 mois d’inventaire à l’échelle nationale à la fin de décembre 2025, ce qui représente une légère hausse par rapport aux 4,4 mois enregistrés depuis août. La moyenne à long terme de cette mesure de l’équilibre du marché est d’environ 5 mois. Sur la base d’un écart-type au-dessus et au -dessous de cette moyenne à long terme, un marché favorable aux vendeurs serait inférieur à 3,6 mois et un marché favorable aux acheteurs serait supérieur à 6,4 mois.

 

 

Les nouvelles inscriptions ont baissé en décembre
Nouvelles inscriptions résidentielles
Canada

Le ratio ventes-nouvelles inscriptions baisse légèrement
Équilibre du marché résidentiel
Canada

 

Prix des maisons

L’Indice des prix des propriétés MLS® (IPP MLS®) composé national a enregistré une baisse de 0,3 % entre novembre et décembre 2025. Cette baisse est similaire à celle enregistrée en novembre et peut indiquer que certains vendeurs ont fait des concessions sur les prix afin de vendre leur propriété avant la fin de l’année. Les baisses de prix observées en décembre sont survenues surtout dans les marchés de la région du Grand Golden Horseshoe, en Ontario, qui a été durement touchée par les tarifs douaniers américains.

L’IPP MLS® composé national (non désaisonnalisé) a baissé de 4 % par rapport à décembre 2024. Les données détaillées montrent que les baisses d’une année à l’autre sont plus prononcées pour les condos et les maisons en rangée, et moins pour les maisons unifamiliales à un étage et à deux étages.

 

 

L’IPP a légèrement baissé en décembre
Prix de référence IPP MLS®
Prix global et composé

 

En somme

Les données d’aujourd’hui bouclent une année où les prix se sont érodés malgré la baisse des taux d’intérêt, la guerre commerciale avec le plus grand partenaire du Canada causant une hausse du chômage et une grande incertitude en matière d’emploi. Les tarifs douaniers américains s’appliquent à un volume limité de biens canadiens, et l’économie n’est pas tombée en récession, mais l’imprévisibilité de la politique commerciale du président Donald Trump a alimenté un sentiment d’insécurité économique.

Dans certaines régions, la baisse des prix a maintenant effacé une bonne part des gains réalisés par les propriétaires pendant la période de la COVID avec son marché surchauffé, de 2020 à 2022, quand les taux d’intérêt à un jour avaient atteint un creux record de 25 points de base. À l’époque, les taux d’intérêt au plus bas avaient permis une forte hausse des prix immobiliers, surtout dans les plus petites villes où les travailleurs à distance avaient afflué pour profiter d’un moindre coût de la vie.

Vancouver et Toronto restent de loin les grandes villes les plus dispendieuses. Le prix de référence dans le Grand Vancouver était de 1,14 million de dollars en décembre. Dans la région de Toronto, il était de 962 300 $ – environ 6 % de moins qu’un an plus tôt.

De nombreux marchés régionaux sont affaiblis, et des vendeurs choisissent maintenant d’attendre. Les nouvelles inscriptions ont baissé de 2 % sur un mois en décembre, une quatrième baisse mensuelle consécutive. Cependant, le nombre de propriétés sur le marché le mois dernier était encore plus élevé de 7,4 % que l’année précédente. C’est l’équivalent d’environ 4,5 mois d’inventaire.

Nous souscrivons à l’opinion qu’il y a une importante demande refoulée de la part d’acheteurs potentiels d’une première propriété. Ceux-ci voudront sans doute se décider un fois l’hiver passé. Par ailleurs, nous avons vu cette année un nombre record de refinancements et renouvellements hypothécaires, ce qui augmentera les mensualités et minera le pouvoir d’achat des ménages.