| En somme
La Banque du Canada a démontré sa disposition à soutenir l’économie canadienne dans un contexte d’incertitude inédite pour le commerce international. En même temps, le Canada travaille fort pour trouver d’autres partenaires commerciaux. Même l’énorme marché chinois ne peut pas remplacer les États-Unis en termes de proximité et de rentabilité, compte tenu des coûts de transport élevés. La Chine a porté ses achats de pétrole canadien à des niveaux records, mais il n’y a aucun marché de la taille de celui des États-Unis pour remplacer les exportations d’acier et d’aluminium.
« L’emploi s’est affaibli durant la première moitié de 2025, les secteurs durement touchés par les droits de douane [américains] ayant réduit leur production et supprimé des emplois, a observé le gouverneur de la Banque du Canada Tiff Macklem. Au cours des derniers mois, le nombre global d’emplois a augmenté, sous l’effet des embauches dans le secteur des services, comme la santé, et le ralentissement de la croissance démographique réduit le nombre de nouvelles personnes qui entrent sur le marché du travail. »
Les tarifs douaniers américains ont considérablement nui aux exportations canadiennes. Les efforts consacrés à la diversification du commerce sont les bienvenus, mais il faut prévoir que la croissance des exportations sera modeste dans les deux années à venir.
« Cette restructuration – qui comprend une plus grande diversification des échanges et une meilleure intégration des marchés internes – favorisera une certaine relance de notre capacité de production, estime M. Macklem. Mais de tels changements prennent du temps. »
Comme l’indique le Rapport sur la politique monétaire (RPM), le plus grand risque pour les perspectives économiques est la révision prévue de l’ACEUM. La Banque souligne le fait que le Canada est actuellement soumis à un taux effectif de tarifs douaniers américains de 5,8 %, grâce aux exemptions prévues par le pacte commercial nord-américain. Elle prévient que si les négociations aboutissent à un résultat défavorable, les exportations canadiennes pourraient devenir moins concurrentielles.
« Devant une baisse de la demande, les exportateurs réduiraient leur production, leurs investissements et leurs embauches, lit-on dans le rapport. Ces effets se répercuteraient sur l’ensemble de l’économie, pesant sur des secteurs comme les services et plaçant le produit intérieur brut canadien sur une trajectoire plus basse.
« Les dépenses publiques en infrastructures devraient augmenter, en raison surtout des engagements pris dans les budgets provinciaux. De nouveaux transferts fédéraux de capitaux stimuleront aussi les investissements dans ce domaine. »
Dans ce contexte, les taux d’intérêt du marché ont augmenté fortement. Le rendement des obligations sur 5 ans semble de nouveau destiné à franchir le seuil de 3 %. Le rendement des obligations de 2 ans, à 2,67 %, dépasse nettement le taux à un jour, et le dollar canadien est en hausse. Les prêteurs ont récemment haussé les taux hypothécaires fixes, qui seront privilégiés par les emprunteurs s’ils s’attendent à ce que les taux augmentent.
La clé, pour les perspectives, est le maintien de l’ACEUM. Nous vivrons sans doute encore des mois d’incertitude avant de savoir quel sera le sort de l’accord commercial. Entre-temps, le premier ministre Carney continuera d’encourager des accords commerciaux avec des pays au-delà des États-Unis. |