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7 Oct

La croissance des salaires s’accélère au Canada alors qu’on a créé des emplois pour le 10e mois consécutif.

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Publié par: Robert Perrier

Les emplois surpassent les attentes au Canada en mars, mais la croissance des salaires stagne
Bien que le gain d’emplois net global affichait un décevant 10 000, ce qui est beaucoup inférieur à la moyenne mensuelle au cours de la dernière année, les données sous-jacentes transmises dans le communiqué de ce matin de Statistique Canada étaient plutôt robustes! Le taux de chômage est demeuré inchangé à 6,2 pour cent et l’accélération dans les gains salariaux laisse entendre que l’économie est près du plein emploi. Le salaire horaire moyen a augmenté de 2,2 pour cent comparativement à 12 mois plus tôt, le rythme le plus rapide depuis avril 2016, ce qui reflète une accélération des salaires attendue depuis longtemps au cours des quelques derniers mois. La Banque du Canada a évoqué une hausse des salaires morose comme preuve d’un relâchement dans l’économie. Dans une inversion du processus du mois d’août, l’augmentation des emplois à temps plein a été dominante, à la hausse de 112 000, compensant une perte de 102 000 postes à temps partiel.

Le marché canadien du travail a généré plus d’emplois cette année depuis qu’il a émergé de la dernière récession en 2009. La croissance dans les emplois et l’augmentation des revenus alimentent la frénésie de la consommation, ce qui fait en sorte que l’économie du Canada est la plus solide parmi les membres du G7. Une telle croissance, cependant, devrait ralentir pendant le trimestre en cours puisque les exportations ont diminué pendant trois mois consécutifs et les activités liées au logement ne sont plus à leur sommet, particulièrement dans le Grand Golden Horseshoe, près de Toronto.

Une croissance des salaires plus rapide, ce qui devrait tôt ou tard se répercuter sur des prix plus élevés, soutient le point de vue de la Banque du Canada selon lequel l’inflation retourna à sa cible de deux pour cent au cours de la prochaine année. Après qu’un discours du gouverneur Poloz plus axé sur les compromis, la semaine dernière, ait réduit les probabilités d’une autre hausse du taux d’intérêt cette année, le rapport d’aujourd’hui a incité quelques commentateurs à suggérer qu’une autre augmentation avant la fin de l’année est probable. Cela dépendra beaucoup du rythme de l’activité économique mondiale, laquelle est au ralenti. Le rapport d’aujourd’hui sur les emplois correspond à notre point de vue selon lequel la croissance s’essouffle pour atteindre la fourchette des 2,0 % à 2,5 %, ce qui est de beaucoup inférieur au rythme de 4,5 pour cent affiché au deuxième trimestre.

Le taux de chômage qui se situe à 6,2 pour cent est le plus faible depuis des décennies sauf pendant la période qui a immédiatement précédé la crise financière de 2008-2009 lorsque l’économie tournait à son plein potentiel.

Selon Statistique Canada, l’Ontario a été la seule province à afficher une hausse notable de l’emploi pour un deuxième mois consécutif. Des pertes d’emplois ont été enregistrées au Manitoba et à l’Île-du-Prince-Édouard. La plupart des gains d’emplois ont été faits dans le secteur public, surtout dans les services éducatifs, compensant ainsi les pertes subies en août. Aussi, plus de gens ont travaillé dans le secteur du commerce de gros et de détail en septembre, alors que l’emploi a diminué dans le secteur de l’information, de la culture et des loisirs. Les emplois sont demeurés stables dans le secteur de la construction et ceux liés à l’immobilier ont un peu fléchi.

Taux de chômage provinciaux
(en pourcentage, en ordre ascendant)
Province Septembre Août
Colombie-Britannique 4,9 5,1
Manitoba 5,5 4,9
Ontario 5,6 5,7
Québec 6,0 6,1
Saskatchewan 6,2 6,4
Nouveau-Brunswick 7,8 7,8
Alberta 7,9 8,1
Nouvelle-Écosse 9,0 8,9
Île-du-Prince-Édouard 9,5 8,8
Terre-Neuve-et-Labrador 15,1 14,7

D’autres détails du rapport canadien

  • Les heures travaillées ont augmenté de 2,4 pour cent d’une année à l’autre, la hausse annuelle la plus importante depuis juin 2012.
  • Le nombre total d’emplois a augmenté d’environ 320 000 au cours des 12 derniers mois, surtout en raison des 289 000 nouveaux emplois à temps plein.
  • Chez les jeunes, le taux de chômage a chuté à 10,3 pour cent, le plus faible enregistré alors que leur taux de participation a diminué. Cela reflétait une augmentation dans le taux de fréquentation d’un établissement d’enseignement qui est à son niveau le plus élevé depuis 2011.

Les ouragans ont nui aux emplois aux États-Unis

Pour la première fois depuis 2010, le nombre d’employés salariés aux États-Unis a chuté en septembre. Le nombre d’emplois non agricoles a chuté de 33 000 alors que le taux de chômage a diminué de deux dixièmes de point pour se situer à 4,2 pour cent, un record de 16 ans, et les hausses salariales ont accéléré. Cette inconsistance apparente est le résultat de sondages séparés utilisés pour déterminer chacun de ces nombres. De plus, les ouragans Harvey et Irma ont empêché 1,47 million de personnes d’aller travailler, la pire situation depuis janvier 1996. Généralement, les travailleurs rémunérés à l’heure ne reçoivent pas leur salaire s’ils ne se présentent pas au travail, sans égard à la raison.

Le département américain du Travail laisse entendre que les ouragans ont eu un effet net de réduire le nombre d’emplois en septembre, bien qu’il n’y ait « pas eu d’effet perceptible » sur le taux de chômage national qui, à 4,2 pour cent, est le plus faible depuis février 2001. Le U-6, ou le taux de sous-emploi, a chuté à 8,3 pour cent alors qu’il affichait 8,6 pour cent; cette mesure inclut ceux qui travaillent à temps partiel involontairement et ceux qui veulent un emploi, mais ne recherchent pas activement.

Des marchés de l’emploi très restreints ont fait augmenter le salaire horaire moyen de 0,5 pour cent d’un mois à l’autre, faisant en sorte que la progression d’une année à l’autre se situe à 2,9 pour cent. Une partie de cette augmentation reflète probablement les travailleurs moins bien rémunérés qui n’ont pu se rendre au travail en raison des conditions météorologiques. Il faudra compter plusieurs mois pour que les effets liés aux conditions météorologiques s’effacent.

Aucun élément de ce rapport ne fait changer mon point de vue selon lequel la Réserve fédérale augmentera son taux d’intérêt encore une fois avant la fin de l’année.

Dre Sherry Cooper
Économiste en chef, Centres hypothécaires Dominion
drcooper@dominionlending.ca