| Le marché canadien de l’habitation a pris un bon élan en mai et juin. En juin 2026, les ventes résidentielles enregistrées sur les systèmes MLS® canadiens ont enregistré une autre légère hausse, de 0,5 % d’un mois à l’autre. Ce résultat s’ajoute au bond de 5,5 % enregistré en mai et à l’augmentation de 0,9 % observée en avril, ce qui place les ventes nationales à environ 7 % au-dessus de leur niveau de mars.
Comme l’a noté l’économiste principal de l’ACI Shaun Cathcart, les mois de mai et juin ont vu les premières augmentations notables des ventes générales en 2026, mais la conjoncture du marché s’améliorait déjà depuis plusieurs mois. Les acheteurs et les vendeurs parviennent de plus en plus à s’entendre sur les prix, comme en témoignent les rapports plus fermes entre prix de vente et prix demandé ainsi qu’un net ralentissement des baisses de prix. Ces développements donnent à croire que la période d’ajustement du marché est essentiellement passée et que les prix des propriétés commencent à trouver un niveau plancher.
Par ailleurs, la Banque du Canada a annoncé ce matin qu’elle maintiendrait le taux à un jour à 2,25 % pour la sixième fois de suite. Le communiqué de la Banque affirme que l’économie canadienne montre des signes d’amélioration et que l’inflation devrait redescendre graduellement du pic atteint récemment. Des risques et incertitudes considérables persistent en ce qui a trait à la guerre au Moyen-Orient et à la politique commerciale américaine.
La stabilisation des prix immobiliers est bien plus évidente pour les maisons unifamiliales que pour les condos, lesquels restent en situation d’offre excédentaire, surtout en Ontario. L’Ontario a connu une nette baisse de la population, avec le départ de nombreux travailleurs temporaires et étudiants internationaux et le déclin des nouveaux résidents permanents. Les secteurs les plus durement touchés sont ceux de l’acier et de l’aluminium, des produits forestiers et des automobiles – tous visés par d’importants droits de douane américains.
Depuis la parution du Rapport sur la politique monétaire d’avril de la Banque du Canada, les perspectives économiques mondiales ont été affaiblies par la hausse des prix du pétrole découlant du conflit au Moyen-Orient. En même temps, l’expansion du secteur de l’intelligence artificielle (IA) soutient l’activité économique dans un nombre grandissant de pays. Les prix du pétrole sont encore inférieurs au sommet atteint en avril, mais la situation au Moyen-Orient reste volatile. La trajectoire de l’inflation mondiale dépendra grandement de l’évolution du conflit.
La banque centrale ajoute que les conditions financières au Canada se sont assouplies depuis avril, et les marchés boursiers mondiaux ont été dynamiques. Les rendements des obligations américaines ont augmenté, tandis que ceux des obligations canadiennes ont peu changé. Cette différence a contribué à la dépréciation du dollar canadien.
La Banque s’attend à ce que le PIB progresse de 0,7 % en 2026, puis de 1,8 % en 2027 et 2028. Les capacités excédentaires se résorberont graduellement au fil de la reprise.
L’inflation de l’IPC a de nouveau augmenté, atteignant 3,2 % en mai, en raison surtout de la hausse des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient. Abstraction faite des prix de l’essence, elle s’est chiffrée à 2,2 %. Les mesures de l’inflation fondamentale sont pour leur part restées près de 2 %. Les attentes d’inflation à court terme sont sensibles aux fluctuations des prix de l’essence, mais celles à plus long terme demeurent bien ancrées. Les pressions sur les coûts liées à la guerre continuent de se répercuter sur certains prix à la consommation, mais elles sont contrebalancées par les pressions à la baisse que les capacités excédentaires persistantes exercent sur d’autres prix.
Selon la projection, l’inflation de l’IPC restera élevée en juin, puis ralentira progressivement dans les mois suivants et retournera autour de 2 % au début de 2027, sous réserve de la trajectoire des prix du pétrole et de l’essence. L’inflation devrait s’établir en moyenne autour de 2 % en 2027 et 2028, malgré quelques fluctuations d’un mois à l’autre en raison des effets de glissement annuel.
Le Conseil de direction juge que le niveau actuel du taux directeur demeure approprié pour soutenir la reprise économique et ramener l’inflation à la cible de 2 %, conformément aux projections du Rapport sur la politique monétaire. L’incertitude reste élevée. Le Conseil de direction continuera d’évaluer la vigueur de l’économie canadienne et les perspectives d’inflation, et se tient prêt à ajuster la politique monétaire selon les besoins. La Banque s’engage à préserver la confiance des Canadiennes et Canadiens dans la stabilité des prix pendant cette période de bouleversements mondiaux.
La demande refoulée de logements, qui s’accumulait depuis deux ans, commence à trouver un débouché grâce à une meilleure abordabilité et des prix des propriétés plus bas. C’est le cas notamment en Ontario et en Colombie-Britannique, où les corrections des prix ont été les plus prononcées. À mesure que revient la confiance, le tout pourrait mener à une augmentation soutenue des ventes au second semestre de l’année.
Le marché de la maison unifamiliale, où la demande reste forte, est le plus actif. Le secteur des condos, surtout des petites unités destinées aux investisseurs dans les grands centres urbains, continue de souffrir. Les coûts de possession sont élevés, le marché locatif est mou, et l’intérêt des investisseurs est en baisse. Malgré tout, les conditions de financement s’améliorent, et quand l’excès d’offre sera absorbé, le marché du condo devrait graduellement se renforcer.
Tout considéré, les prix stabilisés, les conditions de marché équilibrées et la hausse des ventes indiquent que le marché canadien du logement entame une phase plus saine et plus viable. Il reste des difficultés dans certaines régions et certains segments, mais la tendance nationale montre que le marché retrouve ses marques et prendra de l’élan tout l’été. |